Intégration de l’IA en classe

Approche personnalisée pour élèves en difficulté en espagnol

Une IA inclusive qui valorise chaque élève et respecte sa singularité

Mis à jour le mardi 25 août 2024

Franck Tarin, professeur d’espagnol à l’unité d’enseignement de l’hôpital de jour Montsouris, accompagne des adolescents âgés de 12 à 20 ans souffrant de troubles psychiques parfois graves. Dans cet environnement singulier, il considère l’intelligence artificielle comme un levier indispensable pour répondre aux défis éducatifs posés par des élèves en rupture scolaire ou présentant des difficultés cognitives. Pour lui, intégrer l’IA dans la culture numérique éducative n’est pas une option, mais une nécessité.

Impliquer les élèves dans la construction des usages

L’une de ses initiatives phares consiste à faire participer les élèves à l’élaboration de prompts destinés aux outils d’IA. Ce travail collaboratif favorise leur engagement tout en développant des compétences transversales telles que la structuration des idées, la communication et la pensée critique. En adaptant les usages technologiques aux besoins spécifiques de chacun, Franck Tarin met en œuvre une pédagogie inclusive, qui respecte la singularité de chaque élève tout en valorisant son potentiel.

Des outils pour alléger la charge des enseignants

L’IA offre également aux enseignants des possibilités pour enrichir leurs pratiques. Des outils comme ChatGPT ou des solutions spécialisées telles que Nolej permettent, par exemple, de créer automatiquement des exercices interactifs. En limitant le temps consacré aux tâches répétitives, ces technologies libèrent du temps pour un accompagnement plus individualisé et plus approfondi des élèves.

Adapter les outils aux besoins spécifiques

Certains outils d’IA se révèlent particulièrement adaptés à des profils d’élèves spécifiques :
 les narrateurs vocaux aident les élèves dyslexiques en rendant la lecture plus accessible ;
 les outils de transcription vocale (speech-to-text) permettent aux élèves dysgraphiques de produire des écrits sans être freinés par leurs difficultés ;
 pour les élèves présentant des troubles de la personnalité ou relevant du spectre autistique, des outils comme Mizou offrent un environnement moins émotionnellement chargé, propice à l’amélioration de l’expression écrite et orale.

Répondre aux besoins des élèves à haut potentiel

L’IA permet aussi de différencier les parcours pour les élèves à haut potentiel. Franck Tarin cite l’exemple de Vittasciences, une solution conforme au RGPD, qui permet une exploration approfondie et personnalisée des sciences. Il mentionne également ChatPDF, un outil facilitant l’interaction avec des corpus documentaires complexes, même si son usage reste limité par des contraintes de conformité.

Une vigilance éthique indispensable

Franck Tarin reste attentif aux enjeux éthiques liés à l’usage de l’IA en éducation. Il met en garde contre la tentation de déléguer des tâches sensibles, comme l’évaluation ou la certification, à des systèmes automatisés. Il rappelle les limites techniques actuelles et les implications morales qu’un tel usage pourrait entraîner.

Par ailleurs, il souligne les réticences exprimées par certains élèves face à ces technologies, insistant sur l’importance d’une approche progressive, bienveillante et réfléchie, respectueuse du rythme et de la perception de chacun.

Un usage équilibré, au service de tous

En définitive, Franck Tarin incarne une vision équilibrée et humaniste de l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation : un outil puissant, au service des apprentissages, à condition d’être utilisé avec discernement, dans le respect des principes d’équité, d’inclusion et d’éthique qui fondent la mission éducative.

Le témoignage de Franck Tarin

Ce témoignage a été recueilli lors de l’atelier « Réflexions croisées sur l’accompagnement de l’IA », organisé par la DRANE Île-de-France en marge du salon Éducatech 2024.

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