Usages
Intelligence Artificielle (IA) / Ecrivor
Améliorer ses écrits en français
Individualiser, différencier, évaluer Appliquer, s’entrainer, s’exercer Produire, créer
La page des Lettres de l’académie de Versailles nous propose un retour d’usage de la ressource Ecrivor.
Niveau de classe visé
Cette expérimentation s’adresse à des élèves de classe de 5e dans le cadre de l’enseignement du français. Elle s’inscrit dans l’entrée de programme « Imaginer des univers nouveaux » et prend appui sur l’étude de l’album « Les derniers géants de François Place ». Cette œuvre permet de travailler à la fois les compétences de lecture, notamment l’articulation entre texte et image, ainsi que les compétences d’écriture et de description.
Modalité d’utilisation
L’activité repose sur l’utilisation de la plateforme numérique Ecrivor, conçue par des enseignants pour accompagner le travail d’écriture et de révision. L’outil intègre une intelligence artificielle utilisée uniquement par l’enseignant, dans un cadre sécurisé et conforme aux recommandations institutionnelles.
Les élèves rédigent un texte à partir d’une consigne donnée, puis utilisent la plateforme pour réviser leur production grâce à un accompagnement structuré et individualisé. L’enseignant paramètre en amont les critères d’évaluation et les axes de travail, afin d’adapter les retours aux objectifs pédagogiques visés.
Description de la mise en œuvre
La mise en œuvre de cette expérimentation s’inscrit dans la progression du chapitre consacré à l’étude de l’album. Les élèves ont déjà travaillé en amont sur la compréhension du récit et sur l’analyse des illustrations, en développant leur capacité à établir des liens entre texte et image. Des séances spécifiques ont également été consacrées à l’enrichissement du vocabulaire descriptif et à l’expression des sensations, afin de préparer le travail d’écriture.
Phase 1 : rédiger une suite du récit à partir des illustrations de l’album.
Cette consigne mobilise à la fois les compétences d’interprétation des images et celles de production écrite. Les élèves doivent s’appuyer sur les indices visuels pour imaginer une continuation cohérente du récit, en respectant l’univers de l’œuvre.
Phase 2 : réviser à l’aide de la plateforme Ecrivor.
Cette étape constitue le cœur de l’expérimentation. Contrairement à une correction traditionnelle, la révision est ici structurée en plusieurs étapes distinctes, ce qui permet aux élèves de se concentrer successivement sur différents aspects de leur texte.
La plateforme propose un accompagnement progressif, fondé sur des commentaires détaillés et personnalisés. Ces retours prennent souvent la forme de questions, incitant les élèves à réfléchir à leurs choix d’écriture plutôt qu’à appliquer des corrections toutes faites. L’élève est ainsi amené à adopter une posture active et réflexive face à sa production.
Trois types d’actions sont proposés pour retravailler le texte :
- supprimer certains éléments jugés inutiles ou incorrects
- modifier des passages pour améliorer la syntaxe ou la précision
- ajouter des éléments pour enrichir le contenu
Les élèves peuvent ainsi améliorer leur texte à plusieurs niveaux : respect de la consigne, cohérence narrative, richesse du vocabulaire, qualité de la syntaxe. L’outil agit tour à tour comme correcteur linguistique, guide méthodologique et accompagnateur de la réflexion.
L’enseignant joue un rôle essentiel dans cette phase. Il observe les usages de la plateforme, analyse les productions via le tableau de bord et accompagne les élèves dans la compréhension des retours proposés. Il peut également ajuster les critères d’évaluation ou expliciter certaines attentes.
On observe des usages différenciés selon les profils d’élèves. Certains se concentrent principalement sur la correction linguistique, tandis que d’autres s’engagent dans une révision plus globale, intégrant des ajouts et restructurant leur texte. Les élèves les plus en difficulté ont parfois besoin d’un accompagnement spécifique pour dépasser une vision limitée de la révision.
Enfin, des perspectives de prolongement peuvent être envisagées, notamment par la mise en place d’un temps de métacognition. Les élèves pourraient comparer leur texte initial et leur version révisée afin de prendre conscience de leur progression. Une dernière étape de réécriture sur support papier permettrait également de consolider les acquis.
Impact et/ou plus-value de cet usage
L’utilisation de la plateforme Ecrivor présente plusieurs bénéfices pédagogiques majeurs.
Tout d’abord, elle favorise un véritable apprentissage de la révision, souvent difficile à mettre en œuvre en classe. En structurant les étapes et en proposant des retours ciblés, l’outil aide les élèves à comprendre que réviser ne se limite pas à corriger l’orthographe, mais implique une réflexion sur le contenu et l’organisation du texte.
Ensuite, elle permet une différenciation efficace. Les retours personnalisés s’adaptent au niveau et aux besoins de chaque élève, ce qui facilite l’accompagnement des élèves les plus fragiles tout en permettant aux élèves plus avancés d’aller plus loin dans leur travail.
L’outil contribue également à développer des compétences métacognitives. En étant amenés à réfléchir à leurs choix d’écriture, les élèves prennent du recul sur leur production et améliorent progressivement leur autonomie.
Par ailleurs, l’expérimentation montre que la plateforme favorise un épaississement des textes : les productions deviennent plus riches, plus détaillées et mieux structurées, même si la réécriture complète reste encore difficile pour certains élèves.
Enfin, cette approche renforce la motivation des élèves en leur offrant un retour immédiat et interactif. Elle valorise le processus d’écriture plutôt que le seul produit final et installe les élèves dans une démarche active de progression.
Retrouvez l’ensemble de l’expérimentation sur la page Lettres de l’académie de Versailles.